top of page

La posture du manager

On parle souvent de posture managériale comme d’un ensemble de comportements à adopter.

Une manière de se tenir, de parler, de décider.


Comme s’il existait une posture idéale, stable, reproductible, que l’on pourrait appliquer quelles que soient les situations.

Dans la réalité du terrain, la posture du manager est rarement aussi simple.

Elle se construit dans l’équilibre.
Un équilibre fragile, mouvant, parfois inconfortable, entre ce que l’on attend de soi et ce que les autres projettent sur nous.

Être manager, ce n’est pas seulement occuper une fonction.
C’est tenir une place.

Une place où l’on doit à la fois :

  • poser un cadre,

  • faire respecter des règles,

  • soutenir une équipe,

  • incarner une direction,

  • et rester humain.

C’est souvent là que la tension apparaît.

Car on peut rapidement avoir le sentiment qu’il faut choisir :
être exigeant ou bienveillant,
être proche ou garder de la distance,
être ferme ou à l’écoute.

Or, la posture managériale ne se situe pas dans l’un ou l’autre de ces extrêmes.
Elle se joue dans l’ajustement permanent.

Un manager n’est jamais “en posture” une fois pour toutes.
Il compose avec :

  • le contexte,

  • les personnalités,

  • la fatigue,

  • les contraintes,

  • et ses propres limites.

Ce qui fragilise souvent la posture, ce n’est pas un manque de compétences.
C’est le décalage entre l’image que l’on pense devoir incarner et ce que l’on ressent intérieurement.

Beaucoup de managers cherchent à “tenir” leur rôle, parfois au prix d’une mise à distance d’eux-mêmes.
Ils endossent une posture attendue, maîtrisée en apparence, mais coûteuse intérieurement.

À long terme, cette dissociation peut user.
Elle peut créer une rigidité, une forme de contrôle excessif, ou au contraire un retrait discret.

La posture juste n’est pourtant ni une armure, ni un masque.
Elle repose davantage sur une cohérence :
entre ce que l’on dit, ce que l’on fait, et ce que l’on accepte de ressentir.

Assumer une posture managériale, ce n’est pas être inébranlable.


C’est être suffisamment solide pour reconnaître ses doutes, tout en maintenant un cadre sécurisant pour les autres.

L’autorité ne naît pas de la dureté.
Elle naît de la clarté.

Et cette clarté passe souvent par une question simple, mais exigeante :
comment rester présent, sans s’effacer ; exigeant, sans se durcir ; humain, sans se perdre ?

Il n’y a pas de réponse universelle à cette question.


Mais prendre le temps de se la poser permet déjà de sortir des postures figées, et de redonner du sens à la place que l’on occupe.

La posture managériale n’est pas un rôle à jouer. C’est une présence à habiter.

bottom of page